Sylvie Bernard-Griffiths et FO : une longue histoire

Quel a été ton parcours professionnel ?

J’ai commencé à travailler en 1986, en tant que déléguée médicale. J’ai  exercé ce métier pendant quatre ans. Ensuite,  une période de chômage m’a contrainte à exercer de multiples petits boulots pour subsister, tout ce qui me tombait sous la main !  En 1992, j’ai passé le concours d’entrée à l’ANPE. J’ai débuté à Lanester en tant que détachée à l’accompagnement des bénéficiaires du RMI (revenu minimal d’insertion). En 1996,  pour des raisons familiales et amicales, je souhaitais revenir en Ille-et-Vilaine. J’ai obtenu ma mutation à Saint-Malo en tant qu’animatrice d’équipe. Plus tard, j’ai été nommée directrice adjointe d’agence.

En 2007,  j’ai occupé un poste de chargée du suivi des conventions RMI RSA à la direction territoriale d’Ille-et-Vilaine, poste qui a progressivement évolué vers celui de chargée de projet IAE (insertion par l’activité économique). A partir de 2017, mon poste s’est restreint  à la maille du bassin de Rennes et, à regret, a fini par être classifié en chargée de relations entreprises.

Pourquoi as-tu adhéré à FO ?

C’est à la demande d’un copain de la section syndicale FO-ANPE que j’ai accepté que figure mon nom  en fin de liste électorale. A l’époque la section avait des difficultés à constituer ses listes. Dans le secteur public, il fallait cinq noms par collège. En fonction des désistements le cinquième inscrit pouvait être appelé à siéger en instance. C’est ce qui m’est arrivé ! Un jour, j’ai reçu une convocation de la direction régionale pour participer à la commission paritaire locale (CPL). Si je ne l’avais pas accepté, FO n’aurait plus été représenté en CPL. Plus on est présent, plus on a du poids face à la direction régionale !  Je siégeais en CPL4, pour les responsables d’équipe.

Qu’est-ce qui t’as incitée à devenir un membre actif de FO ?

Après la fusion, les premières élections professionnelles ont été organisées  à Pôle emploi Bretagne. Afin de continuer ce travail de représentation et de défense des salariés que j’avais vécu dans le cadre de la CPL, j’ai pris ma carte syndicale. C’était devenu obligatoire pour s’inscrire sur les listes professionnelles.

Je voulais continuer à défendre les valeurs de FO en tant que délégué du personnel. :
– l’égalité.  Pour FO, la notion d’égalité entre les salariés est primordiale. Chacun doit avoir  droit à la parole et droit de se défendre. C’est une égalité républicaine que nous défendons.
– FO est apolitique. Le syndicat n’est pas inféodé à un parti politique. C’est important que chacun puisse garder une forme de libre pensée.
– L’ouverture aux autres. FO est membre de la confédération syndicale internationale (CSI) qui promeut et défend les intérêts de travailleurs et de travailleuses au travers  de la coopération internationale entre les syndicats, de campagnes mondiales et d’actions militantes au sein des principales institutions internationales.

Être délégué du personnel, c’est donner à chacun la chance de se faire entendre.
Défendre les droits des salariés et revendiquer pour en obtenir d’autres est le moteur commun à tous les adhérents de FO

Qu’est-ce que cela t’apporte ?

Mon action syndicale me permet  d’apporter mon soutien aux autres et aussi d’en recevoir. Adhérer à FO, c’est  la possibilité de réfléchir et d’échanger ensemble, d’être plus armé lors des moments difficiles de la vie professionnelle. C’est aussi rencontrer  des collègues qui exercent des métiers extrêmement différents  dans beaucoup de secteurs d’activité, chacun avec un regard particulier sur les évolutions du monde du travail.   Lors de la fusion, cela m’a permis d’admettre les différences plus facilement car l’ASSEDIC et l’ANPE, c’était le jour et la nuit !,  avec des métiers et des modes de management très différents.

Comment projettes-tu FO dans les prochaines élections professionnelles et la mise en place du CSE ? 

Il est indispensable que FO obtienne au moins 10 % des voix pour représenter activement et efficacement nos collègues, d’autant que les dispositions qui régissent le CSE, diminuent le nombre d’élus et d’heures syndicales. C’est une façon de tuer la parole des salariés et de leurs représentants, et de remettre en question les droits syndicaux  obtenus après 1945 !